BREEAM a lancé une consultation officielle du 8 avril au 15 mai concernant la future version 7 du BREEAM In-Use (BIU). Cette phase vise à recueillir les retours des acteurs du secteur sur une série de changements potentiels par rapport à la version actuelle (V6).
À ce stade, il s’agit bien de propositions en discussion, aucune décision n’étant encore définitive. À l’issue de cette consultation, BRE prévoit potentiellement la publication d’un draft, suivi de la version finale du BIU V7. Aucune date officielle de publication n’a toutefois encore été communiquée.
Une volonté de clarification et d’alignement
L’un des objectifs majeurs de la V7 est de clarifier les règles et les exigences du BIU, afin de mieux refléter la réalité opérationnelle des bâtiments en exploitation et les pratiques actuelles du marché immobilier.
La future version vise également un alignement renforcé avec d’autres cadres et référentiels, notamment :
- Taxonomie européenne
- BREAAM New Construction & RFO V7
- GRESB
Évolution du processus de recertification
Alors que la V6 repose principalement sur la répétition du processus initial tous les trois ans, la V7 introduirait une approche plus dynamique :
- Définition d’objectifs dès la certification initiale,
- Monitoring continu et collecte de données de performance en temps réel,
- Rapports, audits techniques et enquêtes restant valides au-delà du cycle standard de 3 ans en cas d’absence de changement significatif via une confirmation simplifiée
Nouveaux bâtiments et accès au BIU
Pour les bâtiments neufs, la V7 prévoit l’introduction d’une période minimale avant de pouvoir obtenir une certification BIU.
Concrètement, un délai estimé entre 1 et 3 ans après l’occupation complète serait requis, sous réserve que le bâtiment soit entièrement aménagé (fitted) et doté de toutes les autorisations d’occupation.
Cette évolution vise à garantir une évaluation plus fidèle des performances réelles en exploitation, en recentrant le BREEAM In-Use sur sa vocation première : l’analyse de bâtiments déjà construits et disposant d’un historique d’exploitation suffisant.
Cela permettra ainsi d’éviter certains abus consistant à certifier des bâtiments neufs ou en rénovation lourde en BIU. Dans certains cas, le recours au BIU permet d’éviter des processus de certification plus longs et demandant davantage d’implication, tels que le New Construction ou RFO, alors même que le bâtiment ne reflète pas encore une situation d’exploitation réelle et stabilisée.
Ces projets récents obtiennent fréquemment des scores plus élevés, qui ne représentent pas la réalité du parc immobilier en exploitation et sont peu comparables avec ceux de bâtiments plus anciens, pourtant bien plus représentatifs de la moyenne des bâtiments exploités en Belgique.
L’introduction d’une période d’attente contribue ainsi à préserver la cohérence méthodologique du référentiel, à améliorer la comparabilité des scores, et à renforcer la crédibilité globale de la certification.
Un système de notation harmonisé
Le système de notation BIU évoluerait également afin d’établir une cohérence renforcée avec les autres schémas BREEAM :
- Passage d’un système à 6 étoiles vers un système à 5 étoiles,
- Suppression du niveau Acceptable,
- Ajustement des seuils de notation (Pass & Unclassified),
- Alignement complet pour la V8
Des ajustements dans les différentes sections
La version 7 prévoit de faire évoluer l’ensemble du référentiel BIU avec des ajustements dans plusieurs sections clés telles que l’énergie, le transport, l’eau, la biodiversité ou encore la santé & bien‑être.
Ces évolutions se traduisent notamment par l’introduction de nouveaux critères, la combinaison ou la restructuration de certains critères existants, ainsi que par une clarification ou une simplification des exigences.
Parmi les nouveaux critères envisagés, on peut citer par exemple :
- Dans la section Santé & bien‑être, l’ajout d’un critère spécifique relatif au biophilic design ;
- En biodiversité, l’introduction d’un critère visant à réduire les collisions d’oiseaux sur les surfaces vitrées ;
- En résilience, un nouveau critère portant sur les contributions des bâtiments à la résilience des communautés locales.
La V7 prévoit également une restructuration de plusieurs critères existants.
À titre d’exemple, dans la section Eau, les critères WAT01 à WAT06 ainsi que WAT10 seraient regroupés en un seul critère, couvrant la surveillance des consommations en eau et les débits de l’ensemble des sanitaires (toilettes, urinoirs, robinets, douches et lave‑vaisselles).
Dans la section Énergie, le critère Ene12, relatif aux performances énergétiques du bâtiment, ne serait plus un critère à crédits mais deviendrait un outil de reporting, notamment en lien avec les exigences de la Taxonomie européenne.
Certains critères seront également revus afin de mieux répondre aux enjeux écologiques actuels avec une volonté de renforcer leur niveau d’exigence sur certains aspects liés à la performance environnementale réelle des bâtiments.
C’est notamment le cas dans la section Biodiversité, où le recours à un écologue deviendrait plus déterminant pour l’obtention de points supplémentaires. Le critère LUE01, qui portait auparavant essentiellement sur le pourcentage de surface végétalisée, serait remplacé par l’indice UGF (Urban Greening Factor), permettant d’évaluer à la fois la qualité et la quantité de la végétation.
Un autre exemple serait dans la section Résilience, où l’analyse des risques naturels ne se limiterait plus exclusivement aux risques d’inondation mais s’étendrait à une évaluation globale des risques naturels susceptibles d’affecter le bâtiment.
Parallèlement, certains critères resteraient largement inchangés, afin de préserver la continuité du schéma et la cohérence avec les certifications existantes.
C’est notamment le cas :
- des critères relatifs aux surfaces vitrées (Hea01 et Hea06),
- des critères liés à l’éclairage tels que Hea03 – Niveaux d’éclairement intérieur et extérieur et Hea05 – Minimisation du flicker,
- de certains critères de la section Eau, comme le WAT07 – Systèmes de détection de fuites ou le WAT09 – Présence de vannes d’isolement.
L’objectif global est d’améliorer la lisibilité, la cohérence et l’applicabilité du référentiel, tout en renforçant sa capacité à évaluer la performance environnementale réelle des bâtiments en exploitation.
Et maintenant ?
La phase de consultation en cours constitue une étape clé dans le développement de BIU V7. Les retours du marché permettront d’affiner le contenu avant la potentielle publication du draft, puis de la version finale.
À noter qu’une période de transition de 6 mois accompagnera la sortie officielle de la V7. Durant cette phase, il sera encore possible de choisir entre la V6 et la V7 pour lancer une certification BIU.
Chez B4F, nous suivons de près ces évolutions afin d’accompagner nos clients dans l’anticipation des changements et l’adaptation de leurs stratégies de certification et de gestion durable des bâtiments.
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